INFLUENCE & SÉRÉNITÉ


 hoodie : Gap, chemise : Zara, collier : Monki

Ces derniers temps je me suis vraiment relaxée ici. Je ne sais pas vous mais le fait de bloguer peut devenir une vrai angoisse parfois.
Je fais partie de la génération qui a vu le concept de tenir un blog naître puis évoluer (je parle de ceux qui traitent de la mode). Et je suis arrivée comme une fleur il y a quelques mois, avec un peu d’expérience déjà, vraiment pas beaucoup, mais assez pour pouvoir mettre en application le concept d'apprendre de ses erreurs. 

Le point sur lequel je suis arrivée à une conclusion convenable et dont j'en ai sortie une règle qui me laisse plus sereine c'est la vie privée que je suis prête à exposer ici.
J'avais une lecture presque religieuse en admirant la qualité des photos, les tenues élaborées et aussi très souvent en enviant la vie qui était mise en scène sur certains blogs. Le fantasme vendu semble être une part importante de leur succès. Et même parfois le rôle du lecteur est énorme avec cette façon d'idéaliser le propriétaire. Et j'ai l'impression que c'est plus cet aspect qui a engendré l'ouverture de tant de blogs de mode ou 'lifestyle', l'espoir d'une vie plus jolie, plus épurée et photoshopée dans le style des photos partagées sur Tumblr.

Je ne parle ici que pour moi, mais je suis sure que ça parlera à beaucoup. Je me suis déjà retrouvée dans une période, l'appareil photo à la main, complètement fébrile et anxieuse de ne pas réussir à capturer de façon assez parfaite le merveilleux moment que je passais, tout ça pour pouvoir le poster plus tard sur mon blog. Donc en plus d'emmener ma vie privée à mon blog, j'emmenais mon blog dans ma vie privée.
Avec le temps je me suis rendue compte que dans les blogs que je lisais il pouvait y avoir un clair contrôle de la part de certains propriétaires par rapport à ce qu'ils voulaient montrer ou pas. Que ce n'était pas de la 'malhonnêteté' que d'exposer plus un aspect de sa vie qu'un autre. Ça peut paraître logique mais ce n'est qu'à ce moment là que j'ai compris que j'avais le contrôle de mon blog. Que le livre virtuel des règles pour être une bonne blogueuse mode n’existait pas. Que je pouvais enfin me relaxer même si la photo que j'ai prise de mon cheese cake n'est pas réussit.

Et je dois vous dire que ça me ravit

PERSPEX, 3.1 PHILLIP LIM

Un détail plexi, ou plus, et un talon carré. 3.1 Phillip Lim en est au point de me chuchoter à l'oreille 'ce n'est rien que pour toi'. Je pense rarement à l'investissement dans une paire de chaussures créateur, mais honnêtement, quelle est la probabilité que je me lasse de ces chaussures blanches en écailles? Oui je sais, énorme.

MY EVERYDAY


C'est mon uniforme de tous les jours. Ce perfecto est si vieux. Je l'ai acheté sur Asos il y a au moins 3 ans et je me rappelle l'avoir trouvé trop grand, le cuir trop cheap. Il est toujours là. Il y a des pièces comme ça qui te convainc avec le temps, qui te montrent leur potentiel chaque journée passée avec elles sur le dos. Cette veste elle fait partie des responsables de cette bizarre (pathétique) habitude d'humaniser mes vêtements. C'est surtout que, lorsqu'ils me sont fidèle, qu'ils tiennent le coup à tout ce que je leur fait subir, je leur rend la pareille. 

Le sac, il doit encore faire ses preuves. Je ne l'ai mérité d'aucune façon. Je ne l'ai pas cherché, avant de tomber dessus je ne pensais même pas à quelque chose du genre et je l'ai acheté 50 centimes, sur le moment que je ne l’achète ou pas, ça n'aurait rien changé. La tendance néon n'avait même pas encore fleurie un peu partout. En voilà un achat seulement influencé par mes goûts, c'est rare ce genre d'achat, et encore celui ci est tout relatif.

En anglais ils disent 'overthinking', et bien ce mot décrit bien cet article. J'overthink un peu les choses non? Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui je vivrais mal un achat 'meaningless'.

TURTLE NECK


Lorsque j'étais à Londres je sortais des bacs des friperies de Brick Lane n'importe quel chiffon qui pouvait ressembler à un débardeur avec col roulé. D'ailleurs l'amie qui m'accompagnait ne manquait pas, à chaque fois, de pousser un cri d'horreur qu'elle étouffait comme elle pouvait et m’envoyait un 'c'est ton style' polit (on sait tous très bien ce que veut dire cette phrase!). Au final je n'ai pas trouvé mon bonheur et je me suis résignée à acheter ce t-shirt en solde chez H&M. Ça ne donne pas exactement ce que j'aurai voulu, enfin c'est surtout sa transparence qui n'était pas prévue. J'ai très envie de me plaindre de la qualité de ces magasins, mais, là, comme vous me voyez sur les photos, tous mes habits viennent de trois H&M de pays différents! 

Bon faute de rehab suédoise, j'ai aujourd'hui ce que je cherchais, j'aime beaucoup l'échancrure aux épaules. Et mon nouveau bracelet en or rose y trouve tout à fait son compte!

De toute évidence je n'ai pas finis de voir des ciseaux danser autour de mes vêtements.

SPONTANÉITÉ

Juré je n'essaie pas de faire passer ma paresse face aux ourlets pour de la spontanéité. Je les ai vraiment en horreur, mais esthétiquement parlant. Et avec mon mètre 63 les ourlets c'est un problème que je confronte souvent. Mon nouveau jean Uniqlo, à gauche, fait bien 10 centimètres de trop. Je suis la première à transformer un cardigan en robe mais les jeans je les aimes brut, et l'avoir bien retroussé à la cheville, tenu par une couture parfaite c'est le genre de choses contre lesquels je m’élève et dis 'stop au carnage!'. Il faut choisir ses combats dans la vie et on peut donc conclure du mien que je ne sers strictement à rien!

Bon rappelez vous le temps où vous appeliez encore les gens qui gravitaient autour de vous 'des camarades de classes', la vie elle était comment avec vos bord de pantalon tout rigide? La mienne pas super. Surtout quand je prenais quelques centimètres et que bam magie la couture disparaissait et laissait place à une magnifique ligne blanche. Je vous jure, je pleurs en ce moment même.

Aujourd'hui je n'ai plus vraiment la crainte de grandir, quoi que... Marie-Madeleine, Joseph et fils de Dieu, on fait quelque chose ou bien?... bon en attendant leur réponse je me suis trouvé un petit compromis. Plutôt radical, je coupe. Parce que des fois il ne faut pas réfléchir trop longtemps avec les fringues, c'est le genre de choses qui se voient. La fraicheur et la spontanéité avec laquelle on peut mettre un coup de ciseaux dans un vêtement juste avant de partir le matin parce que ça n'allait pas. Et puis surtout, tout ces modèles produit par millions, envoyés au quatre coins du monde, ils en ont bien besoin. Des fois, je vois même ça comme quelque chose que je dois à moi-même!

Alors mon jean Uniqlo, je le coupe aussi comme mon jean Mango? Pour l'instant je le laisse tomber sur mes chevilles en accordéon. J'avoue que la fraicheur et la spontanéité elle me frappe de façon bien plus efficace quand le vêtement à déjà prit un peu d'âge. Bon, je vous direz dans trois mois!

HABILLÉE DÉS L'AUTOMNE, PARIS

Qui l'aurait cru, je m’avère finalement patriote pour ce qui est de cette Fashion Week. J'ai presque aimé touts les défilés. Je pense que je deviens un peu home sick, je me sentais rassurée quand je parcourais les silhouettes, comme à la maison. Parce que, quelle que soit la distance que je me suis efforcée à mettre entre la France et moi, j'en connais tout les codes sans exception, et même si je ne les approuve pas tous au moins je les maitrise. Je crois que c'est surtout ça. C'est facile à aimer pour moi, rien de trop élaboré ou compliqué, juste la bonne vieille recette.


Balenciaga

La Fashion Week parisienne l'a bien revendiqué sa french touch, (oui c'est le terme le plus cliché jamais utilisé depuis l'ouverture de ce blog, vous pouvez partir, je l'ai mérité). Mais plus sérieusement, c'est avec ce genre de mode que des gens des quatre coins du monde vont continuer à affluer à Paris l'appareil photo sur le ventre, la carte du métro dans les mains et le nez en l'air. Je n'ai jamais vécu à Paris, je ne sais pas si le rêve qui est vendu est au rendez-vous, j'ai des doutes, mais je sais que c'est une ville magnifique, son style est unique. Bien sur il vaut mieux éviter de rencontrer la population locale hein, enfin ce n'est que ma lamentable expérience (clin d’œil).


 Ann Demeulemeester & Rochas

Tout ça pour dire que Paris mérite amplement tout le fantasme qui l'entoure, elle y travaille dur, à commencer par sa mode. J'ai regardé chacune des silhouettes avec cette sensation étrange d'avoir le cœur qui souriait.
J'avais vraiment l'impression d'être la bonne élève qui lève haut la main, les fesses presque décollées du siège et qui pense 'oui moi, moi je sais!'. Parce que ouais je sais, je sais que la démonstration de talent de cette Fashion Week est évidente. Justement cette fameuse recette qui marche à chaque fois, j'ai l'impression qu'il n'y a que cette ville qui en a vraiment le secret. Aucun danger n'est prit mais pourtant on en a des palpitations tellement c'est beau et parfait. Cette espèce d'innovation faites avec toujours les mêmes codes qu'on aime tellement!


Chloé & Dries Van Noten

Bon comme vous l'avez compris j'ai été bien incapable de sélectionner quoi que ce soit, mon disque dur explose de photos des défilés parisiens. J'ai donc choisit que quelques détails qui m'ont vraiment marqués. Parce que c'est vraiment là que réside le génie, dans les détails.
Moi je vous laisse, je vais aller me mettre la tête dans un seau d'eau glacée. Avec tout cet enthousiasme (et cet amo... gngngn) je suis à deux doigts de perdre mon cynisme! 

AVANT TOUT, PASTEL

chemise : british red cross, pantalon : uniqlo, collier : monki, bracelet : cos & chaussure : office

Aujourd'hui je me sens stupide d'avoir osé penser que je passerai à travers cette tendance. Je m'étais dis que je ne pouvais décidément pas suivre toutes les tendances qui me passaient sous le nez. Je la voyais partout, chez 3.1 Phillip Lim j'en étais tombé instantanément amoureuse, et pourtant comme une imbécile j'avais décidé de lutter. J'avais même élaboré un plan, je m'étais imposé la logique suivante : néon ou pastel il faut choisir son camp! (oui, n'importe quoi). Et vu que j'avais une grosse longueur d'avance dans ma garde robe avec mon legging jaune fluo, je me suis rangée dans le camp du néon.

Bon pour être totalement honnête, le pastel je n'en voulais pas parce que j'ai vu tout le monde l'adopter si vite que ça m'a fait peur. Je vous avais déjà parlé de ma crainte du marathon de la tendance et je trouvais que celle ci envahissait très vite les blogs. Je m'apprêtais déjà à me rouler en boule en attendant que ça passe, moi la claustrophobe de l'enthousiasme, et puis je suis tout simplement rentrée dans un Uniqlo. Et je les ais vu. Putain je me suis rappelée qu'avant d'être la tendance du moment c'était super beau le pastel! J'en ai pris de toutes les couleurs et j'ai foncé dans les cabines d'essayage. 

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Intermède 'morphologie toute naze' (tudududu) :

Je sais que nous avons toutes des fesses différentes, mais si vous n'avez toujours pas trouvé une âme sœur à vos courbes je vous conseil d'aller voir chez Uniqlo. Si ça a marché pour moi, pourquoi pas toi Sister (??) ? Les miennes refusaient en bloc une quelconque harmonie avec un morceau de jean et avec celui là mon postérieur à bien faillit éclipser la guest-star : le pastel bordel!

(tudududu) intermède terminé.
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Je me suis rendu compte que je commençais déjà à râler contre ces couleurs juste par principe. Ce jean rose il m'allait parfaitement, était loin d'aller contre mon style. Et puis vous savez quoi? je suis tellement réconcilié avec les tendances que la première qui porte du pastel avec un col claudine je l'applaudie!

HABILLÉE DÉS L'AUTOMNE, MILAN

Autant je suis bonne pour épiloguer sur ce que j'aime, mais pour ce qui est de ce que je n'aime pas, je me transforme en jelly bear enrobé de chamallow et je sourie sans piper mot! En fait, la fashion week milanaise, j'ai toujours beaucoup de mal, les couleurs, les matières, les volumes... je n'y arrive pas. Mais j'ai toujours espoir que cela change. Je veux dire, pas que les designers italiens changent, non, que moi je change. Que mes goût évolues et que je sache enfin apprécier du Gucci.

En fait j'ai surement peur de me transformer en Donatella Versace, parcourant les boutiques de luxe, une fourrure sur les épaules et un chihuahua au bout de la laisse. Hum, quoi je nage en pleins cliché? La gueule tirée et le bronzage orange, c'est pas comme ça que ça se passe en Italie?

Vous savez quoi je pourrai bien conclure, comme ça sans aucune honte, qu'en fait il faut me pardonner, c'est un traumatisme qui remonte à plus loin, et que cette hostilité viendrait de la simple peur de vieillir... Parce que je suis incapable de m'imaginer une Jane Birkin quand je me pense vieille, non moi je pense botox et cancer de la peau imminent. Qu'est ce qu'il va pas chez moi sérieux?

Donc je n'ai pas bataillé pour faire une sélection, mais ce que j'ai aimé, je l'ai vraiment beaucoup aimé! Et puis vive Jil Sander et surtout sèche tes larmes Raf Simons, tu peux être fier de toi!


♦   Marni, c'est un peu comme Katrantzou, ils sont devenus 'tout public' grâce à une collaboration avec une marque de grande distribution, en l’occurrence H&M ici. La collection faites en collaboration avec les Suédois est d'ailleurs en magasin aujourd'hui. Une pensée pour touts les vendeurs qui ont accueillit la foule avide d'imprimés signés Marni. Moi c'est cette silhouette que j'ai retenue de la collection présentée à Milan et qui me laisse entrevoir un hiver en collant blanc!

INSOUCIANCE ET ILLUSIONS


Je suis revenue de Londres, 2h du matin lundi, fraiche comme après cinq heures de bus (oui le bus, je sais, c'est pathétique). Et si j'ai une certitude aujourd'hui, c'est que ma partie de cache-cache avec mon proprio ne fait que commencer! J'étais pourtant sur que je réussirai... j'avais la foi, mes pounds ne partaient que dans les salades de chez EAT et les sandwichs frais de chez Prêt à Manger. Mon seul écart était cette chemise jaune que je cherchais depuis longtemps maintenant que j'ai trouvé dans une fripe. Et puis le vrai accent londonien du vendeur avait déjà fait fondre mon cœur au préalable! Et puis c'est une Timberland, si c'est pas la classe ça.

Bref dimanche matin, fin prête à parcourir le marché de Brick Lane je me lance naïve, toujours persuadée d'avoir une volonté de fer, de m'être muée en personne responsable et consciente. Je déambule autour des fripes et des cintres colorés avec dans ma tête la voix de Gandalf le gris criant 'vouuus ne passerez paaas' (référence Seigneurs des anneaux, de mieux en mieux ce blog). Et là tout a commencé. TOUT EST LA FAUTE DE MA JUPE!!! Vous savez celle ci! Elle les à tous rendu fous! C'est comme ça que cette vendeuse adorable m'a conseillé un magasin sur Carnaby Street, en me demandant d'où venait ma jupe, puis cette autre vendeuse qui m'a couru après pour aussi me le demander et m'a invité dans son magasin vintage et cette fille qui m'a prise en photo pour un magazine turc et qui m'a dit de venir avec elle à un pop up store qui proposait des fringues de créateurs à petits prix.

Si vous connaissez un peu Londres, Carnaby street, c'est une rue parallèle à Regent Street, qui est elle même une rue pavée par les cartes de crédits coupées en deux et les larmes de sang des plus grandes fashion victimes. Même pas peur je m'y lance et en face de moi, COS, le mec de la sécurité me sourit, c'est un signe. J'en ressort avec des chaussettes jaune fluo et un slip... jaune fluo, tout ça pour £18, à ce prix là, ces chaussettes je vais les laver à la main dans un évier préalablement baptisé, avec eau sainte et tout le bordel! Je m’engouffre dans Carnaby et je trouve le magasin. Saut périlleux, pirouette, cacahouète. BEAU, PAS CHER, BONHEUR. Et puis Uniqlo est arrivé. Et là... j'ai même pas envie d'en parler tu vois, ça me ferait trop de mal... mais en fait, je regrette même pas, ma robe est trop belle, et mon jean aussi!

Tu peux toujours essayer de me trouver hein, oui c'est à toi que je parle Jesus! ... non mais Jesus c'est mon proprio hein, il est espagnol!


Elle est mignonne ma petite vidéo de Brick Lane non? un peu pathétique aussi, mais j'en suis fière, je l'ai montée toute seule face au géant Avid. J'ai filmé pendant tout mon voyage, je n'ai pas encore le reflex à chaque fois mais j'aime vraiment ça. La prochaine étape va donc surement être de m'acheter une vrai caméra, la qualité laisse à désirer, c'est le moins que l'on puisse dire!

LEATHER & JUMPER

Des fois je me dit qu'il n'y a pas de doute je suis une putain de modasse... par exemple cet article il sera publié quand je serai sur la route pour Londres (aaah blasphème de n'écris pas mes articles en simultané!!). Du coup dans mon esprit c'est très évident, pour aller parcourir les rues de Brick Lane et m’abreuver de vintage et de fringues trop grandes, trop trouées, trop chères,  il faut que je m'achète au préalable quelque chose. Qui viendra compléter ma garde robe et que je mettrais dans ma valise pour la folle capitale. Ma logique est donc : aller faire du shopping pour trouver des vêtements pour aller faire du shopping.

Je suis surement en ce moment même trop fière dans mon nouveau pull, la carte de crédit en pendentif, genre j'ai un découvert autorisé... grande classe!

Aller je vous laisse ici, j'ai un voyage à préparer, et je suis du genre à stresser d'être stressée, (OUAIS).